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Vous avez dit "Institut de beauté" ?

Par Marie-Françoise TESSIER.

Institut de Beauté. Ce nom très suggestif veut tout dire. D’une part, le fait que l’activité du lieu prétend oeuvrer dans le domaine de la beauté (éventuellement offrir de la beauté, puisqu’il s’agit d’un commerce de la beauté), et d’autre part, ce nom suggère conjointement que l’institut lui-même soit «beau». Exercice de style…

Dans un endroit dédié à l’esthétique, les codes en la matière vont suggérer des lignes pures, un agencement étudié, une décoration qui plait à l’oeil de la consommatrice. Quand une cliente pénètre dans un institut de beauté, elle découvre un endroit qui affiche la propre vision de la beauté de la maîtresse des lieux. La décoration, l’âme de l’institut est toujours à l’image de celle qui l’a créé et il est aisé d’imaginer la personnalité de la créatrice, mais aussi l’esprit de l’équipe qu’elle a réuni autour d’elle. Et c’est là certainement une des recettes du succès d’un institut. Le trio gagnant qui consiste à harmoniser l’esprit des lieux avec les humains qui l’habitent. C’est le point n°1 à respecter. Il va de soi que la notion d’accueil, de prise en charge, de services personnalisés en découleront. Cette petite analyse découle en fait de constats globaux permettant de classer objectivement les centres qui réussissent financièrement et ceux qui «rament». Il serait d’ailleurs à ce titre judicieux que les «patronnes » se mettent à la place des clientes et qu’elles pointent leur nez le matin non pour enfiler leur tenue de professionnelle mais pour endosser l’habit de la cliente. Cet exercice permet de voir son propre outil de travail avec un oeil nouveau et surtout critique. Exercice qui se révèlera positif à la seule condition de posséder cette ouverture d’esprit indispensable à une remise en question potentielle pouvant donner naissance à des changements évolutifs. «Il n’y a que les bébés mouillés qui aiment le changement», citait Patrice Kucharz, éminent visionnaire du phénomène spa.

Les recettes du succès

Si je prends la plume en ce jour, c’est pour inciter celles d’entre-vous qui ne veulent plus «ramer» mais aussi celles qui veulent faire encore mieux, à s’interroger, à observer leur outil de travail pour mieux comprendre son fonctionnement et surtout ses éventuels disfonctionnements. Certes, la psychologie est un facteur qu’il va falloir prendre aussi en considération dans la mesure où, l’énergie de la réussite, il faut l’avoir en soi. Chaque individu peut y accéder. C’est déjà un point positif qui réconfortera les âmes qui subissent le poids d’un passé entrant souvent inconsciemment dans la partie. Il est bien entendu que les non professionnelles sont exclues de ces lignes, pour la bonne, simple et unique raison que leur place est ailleurs. Avis aux intéressées de se reconnaître et à courir au plus vite se perfectionner. Je fais allusion notamment à certaines reconversions qui n’ont pas lieu d’être, l’esthétique étant un «milieu» où mieux vaut être «initiée» avant de s’y lancer. Ouverture d’esprit, spiritualité élevée, générosité, intériorité et équilibre sont à juxtaposer à la motivation. L’esthétique n’est pas une activité mineure. Elle vient de l’intérieur… À ce sujet, fort est de remarquer les reconversions non planifiées mais qui se «présentent» comme des évidences sur un parcours professionnel, qui ne sont ni calculées, ni recherchées mais tombent au bon moment (à ce titre il faut savoir ouvrir les yeux pour voir le signe qui est envoyé et se lancer avec sérénité). Il n’y a pas de hasard mais il faut savoir saisir sa chance quand elle se présente. Réfléchir certes, mais faire confiance avant tout à son intuition, croire en soi mais se former, rester humble en ayant conscience qu’on n’est jamais arrivé au bout du chemin, le jour où on ouvre enfin le sublime lieu dont on a toujours rêvé, car c’est justement à cet instant que tout commence. Et éviter de s’éparpiller, d’aller cueillir des fruits qui ne sont pas encore mûrs sur des arbres qui sont plantés dans le jardin du voisin, vous obligeant ainsi à franchir des barrières interdites.

Avancer sur son chemin, c’est conserver une éthique, c’est éviter de tomber dans la cupidité. Viser le moyen et le long terme, travailler aujourd’hui à ce que vous souhaitez devenir demain, c’est construire sa vie professionnelle. Un institut n’est pas une boutique comme les autres. Les individus franchissent la porte de ces lieux pour en ressortir joyeux, pour se sentir bien mieux. Que proposez-vous sur votre carte de soins pour amener physiquement et psychologiquement votre cliente vers cet état ? Quelles mains lui offrez-vous pour apaiser son corps et son esprit, pour réchauffer son âme ? Ressentir l’atmosphère d’un lieu élevé, où chaque chose a été pensée et conçue de manière optimum pour refléter ce que vous offrez de mieux.

Assurez-vous donc que tout est en ordre, que les produits à la vente soient mis en scène de manière séduisante, attractive, que la cliente, contrainte à patienter quelques instants, puisse s’asseoir confortablement pour siroter sa tisane, que votre tenue professionnelle communique cette sérénité raffinée, que la carte des soins, premier outil de communication non verbal soit un sésame pour se ressourcer dans le calme et la volupté. Il est d’autant plus facile aujourd’hui d’illustrer vos cartes de soins que les sites Internet de vente en ligne de photos spa, zen, relaxation, etc., offrent de larges choix intéressants. Jetez un oeil rapide au mobilier de votre zone d’accueil, à la couleur des murs, aux éventuelles PLV, affiches et autres visuels qui ornent vos murs. Quels sont vos commentaires ? Pensez-vous que vous affichez ce qu’il y a de mieux pour mettre en valeur les produits que vous proposez ? Posez-vous les mêmes questions pour votre vitrine. N’hésitez pas à questionner les passants pour prendre note de leurs critiques, qu’elles soient positives ou négatives. Pour l’espace cabines, idem. Vous êtes-vous déjà allongée sur les tables de massage et autres fauteuils esthétiques pour ouvrir des yeux objectifs ? J’ai parfois peine à comprendre que l’on puisse suspendre au-dessus d’une table ce que j’appellerai de l’artillerie digne d’un bloc opératoire. Et pourtant je l’ai observé récemment à deux reprises : une espèce d’engin carré, d’un mètre sur un mètre, d’une couleur vert médical trônant au-dessus de mes yeux pendant le massage… Difficile de lâcher-prise, pour ne pas dire impossible… Apparemment, ce bloc énorme sert à retrouver une silhouette de rêve grâce aux rayons infra-rouges…

Et pourtant, c’est si simple de concevoir une cabine comme un cocon de douceur et de chaleur. Avec tous les matériaux et autres peintures à disposition dans les grandes surfaces de bricolage, même celles qui manquent de goût vont finir par en avoir, tellement les idées présentées sont séduisantes. Ainsi ce carrelage de chez Point P qu’il faut toucher pour s’assurer qu’il ne s’agit point de bois, ces peintures à l’anglaise Farrow & Ball aux tons si raffinés, si spa ! Les tables en bois exotique sont pléthore chez les fournisseurs de matériels esthétiques qui ont eu récemment l’ingénieuse idée de concevoir une version «spa» des immondes couvertures chauffantes bleues : elles existent aujourd’hui en couleur chocolat, avec appuie-tête intégré. Il était temps !


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