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Esthétique d’aujourd’hui Êtes-vous plutôt tendance ou classique ?

Votre institut est-il un institut traditionnel avec un espace de vente et des cabines où vous dispensez des soins du visage et du corps classiques ? Au contraire, avez-vous essayé de créer un lieu d’où se dégage une ambiance qui appelle à la détente ? En fait, un institut de beauté peut-il aujourd’hui occulter les demandes d’une clientèle de plus en plus exigeante en matière de bien-être ? Des esthéticiennes vous répondent.

Cocooning et massage

À Luc-sur-Mer dans le Calvados, Michèle Lionnet exerce son activité depuis une dizaine d’années dans un petit institut d’une trentaine de mètres carrés. «Dans ce petit espace, je dispose d’une cabine UV, d’une autre dédiée à l’épilation, d’une troisième enfin entièrement consacrée aux soins du corps et du visage, et bien sûr d’une douche.» Tout dans ce petit local invite à la détente et à la tendance. À commencer par la décoration puisque les murs sont décorés de photos prises lors des différents spectacles des Congrès des Nouvelles Esthétiques. «Je provoque la demande, indique Michèle Lionnet. À chaque retour de Congrès, mes clientes me demandent ce que j’y ai vu, les spectacles auxquels j’ai assisté, quelles sont les tendances en matière de maquillage et de soins du corps et du visage, mais aussi en termes de massage.»

Résultat, son institut est très... cocooning. «Le massage occupe 70 % de mon activité. Je diffuse de la musique de relaxation et toutes les teintes de mon institut vont du bleu au jaune, des teintes pastel très délassantes.»

Il va sans dire que Michèle Lionnet consacre de plus en plus de temps aux soins du corps ou du visage qu’au maquillage proprement dit. C’est ainsi que lorsqu’elle s’occupe d’une cliente, elle s’y consacre entièrement et ne la laisse jamais pour aller vaquer à quelque autre occupation.

Elle a rapidement compris la place primordiale que pouvaient prendre les soins de bien-être et de détente en esthétique. Lorsqu’en 1979, elle a ouvert un institut dans le 9e arrondissement de Paris, elle s’est immédiatement formée au drainage lymphatique. Enfin, elle s’est, tout récemment, formée au massage ayurvédique.

Pas étonnant donc qu’elle se dise «très ouverte aux techniques étrangères». Aussi, en plus du massage ayurvédique, s’est-elle formée au massage balinais, après avoir appris le massage californien et le shiatsu. «À ce propos, j’ai créé un massage, le massage vénusien, du nom de mon institut. C’est un massage à base de réflexologie, de californien, de shiatsu et d’ayurvédique. Cela marche très fort, notamment auprès d’une clientèle masculine qui est très demandeuse.» Son seul regret est de ne pouvoir dispenser de massage thaï. «Ce n’est pas possible car mon salon est trop petit. La cliente que l’on masse est au sol, sur un futon et il faut pouvoir évoluer, se déplacer autour d’elle. Je n’ai pas la place.»

Le credo de Michèle Lionnet est d’être différente. Ainsi, exerçant dans un secteur où la thalassothérapie est reine, et où les cosmétiques à base de produits marins sont distribués un peu partout, elle a voulu distribuer une gamme à base d’huiles essentielles et d’extraits végétaux. Ainsi, travaille-t-elle principalement avec la marque Yonka.

Provoquer le changement

Dans les Yvelines à Conflans-Sainte-Honorine, l’institut d’Isabelle Campion a beaucoup évolué et il va encore le faire. Du salon traditionnel qu’il était au départ, il est en passe de devenir un lieu de bien-être du plus haut niveau. «Depuis cinq ans, je pratique la dermopigmentation. Il y a deux ans j’ai acheté un «Cellu M6» et je suis en passe d’acquérir une douche à jets et une douche à affusion.» Cet espace bien-être, elle compte l’aménager au premier étage du local qu’elle occupe, laissant au rez-de-chaussée, les trois cabines consacrées à l’épilation, aux soins du visage et du corps.

C’est elle-même qui a suscité cette évolution vers les soins du visage et du corps. «J’ai provoqué cette évolution car j’ai senti qu’il y avait une demande importante de la part de la clientèle.» Une clientèle qui se nourrit des reportages sur le bien-être qui fleurissent dans les magazines ou à la télévision. Lorsqu’il y a 16 ans, elle a commencé à travailler dans l’institut qui est aujourd’hui le sien, il n’était question ni de soins du visage, ni de soins du corps. «Nous pratiquions encore l’épilation à la cire traditionnelle, la responsable ne savait pas qu’il existait de la cire jetable et ne faisait aucun soin du corps. Lorsque j’ai repris l’affaire, je l’ai fait évoluer vers les soins du corps, du visage, les massages.»

Et cela ne va pas s’arrêter là : le spa l’intéresse considérablement et elle a bien l’intention de s’ouvrir à ce secteur. «Je m’intéresse à tout en lisant les revues de mode, en regardant ce qui se fait autour de moi, en jugeant les tendances. Actuellement, pour ce qui est du massage, je fais surtout du californien et, en matière d’amincissement, j’utilise le «Cellu M6» qui est très efficace.»

Des hommes et des couples

Entre Marseille et Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, le salon de Christine Caruena a une touche très personnelle : son activité est très particulière puisqu’elle ne s’occupe que des hommes et des couples. «J’ai voulu attirer une clientèle masculine car je suis persuadée que c’est un créneau porteur. J’ai donc fait de la publicité dans la presse locale.» Chèques cadeaux et tarifs alléchants ont fait le reste pour assurer le succès de cette formule.

Elle dispose ainsi de trois cabines : deux de relaxation et une de soins. «Je fais des massages californiens et des massages du monde. J’écoute beaucoup mes clients, ce dont ils ont besoin, quelles sont leurs attentes et je fais en fonction de leur demande. C’est aussi une manière de faire connaissance, de prendre contact. Les ambiances sont différentes : une salle grecque, une autre plutôt indienne et la troisième est une salle de soins traditionnelle.»

Un esprit bio

L’institut de Eléa Cormenier à Mandelieu-La-Napoule dans les Alpes-Maritimes est somme toute assez classique avec un accueil, un espace de vente et trois cabines. Classique mais assez nature cependant, le décor alliant les panneaux en bois avec des lumières bleutées. «J’ai essayé de créer une ambiance assez spa tout en restant cependant neutre. C’est un lieu qui appelle à la détente», souligne l’esthéticienne.

Quant aux soins dispensés, ils sont assez classiques, mais avec une connotation bio. «Nous essayons d’imprimer un côté naturel sans trop l’être non plus car le naturel colporte souvent et, malheureusement, une image qui ne rime pas avec efficacité.»

Les massages demandés sont le plus souvent amincissants et associés à des gommages. Ils sont effectués dans une pièce spéciale avec une douche et une ambiance «bois». Une cabine épilation et soins visage, une autre, mixte, consacrée à la manucurie et à la pédicurie complètent l’agencement de ce salon dont la propriétaire reconnaît être «restée très classique en ce qui concerne le massage», puisqu’elle se limite au massage californien, essentiellement dans un but de relaxation.

Une prise en charge globale

«Nous accueillons et prenons en charge toutes nos clientes dans leur globalité. Selon moi, l’esthétique, la relaxation et la détente sont indissociables aujourd’hui. Un institut qui ne ferait pas de bien-être serait amené à disparaître très rapidement. Même le fait de se spécialiser dans le massage impliquera nécessairement d’y associer de la détente. La cliente vient dans un institut pour se changer les idées, elle vient se poser, se laisser faire.»

Fabienne Chevalley a imaginé un massage qui lui est propre à la fois modelage énergétique et californien. Sur son blog, elle incite les clientes à «entrer dans l’univers de l’institut à corps et âmes» pour être choyée comme une star ou comblée comme une princesse. Elle propose «une parenthèse, loin du rythme trépidant de la vie citadine».

À Échirolles, dans l’Isère, Mme Lakaich a délibérément pris le parti du bien-être. «Aujourd’hui, de nombreuses personnes sont stressées, mal dans leur peau. Pour répondre à cette demande de bien-être, j’ai axé mon activité vers les soins du corps, le massage corporel, la détente... L’esthétique traditionnelle, le maquillage, l’épilation, c’est un plus, ce n’est pas ce qui attire les clientes, aujourd’hui, lorsqu’elles franchissent la porte d’un institut. Il y a une importante demande de la part des clientes qui sont de plus en plus stressées et c’est un phénomène qui se développe», explique cette esthéticienne résolue qui estime qu’«un massage sera d’autant plus réussi sur une cliente détendue, décontractée». «Si mes clientes arrivent chez moi un peu tendues, elles se détendent rapidement. Cela fait partie du travail de l’esthéticienne : un massage c’est doux, il y a les parfums, le cadre. Si la cliente arrive avec un problème de stress, il sera vite résolu.» Et pour y parvenir, elle parie sur «une prise en charge permanente de la cliente, de son arrivée, à son départ ; afficher une présence constante».

«Tous les soins peuvent être réunis dès lors que l’accueil dans l’institut est de qualité. C’est l’accueil qui donnera envie à la cliente de demander tel ou tel soin... La cliente a besoin d’être reçue, non pas dans un commerce mais dans un endroit privilégié où elle saura qu’elle se détendra et où elle saura que l’accueil qui lui est réservé est très personnel. C’est la clé de la réussite, quel que soit le métier que l’on exerce. Si vous expliquez à votre cliente ce que vous allez lui faire, pourquoi vous allez le faire, si elle sent que vous êtes à l’écoute, elle aura envie de revenir chez vous car elle aura l’impression d’être unique.»

D’ailleurs, Mme Lakaich arrive de Thaïlande. «Le pays est merveilleux, et les instituts le sont aussi : on vous dit bonjour en baissant la tête et en joignant les deux mains. L’accueil, les odeurs, les fleurs, le respect de la personne. C’est pour moi une source d’inspiration. Cela aide au niveau de la décoration, de l’accueil, de la prise en charge de la cliente.»


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